«Améthyste »

A America Martinez Serrano

Cette œuvre de neuf minutes, écrite en 1990 à la demande de Jean Thorel pour son ensemble Stringendo, lui est dédiée.
Elle s'adresse à douze cordes (4, 3, 2, 2, 1) et, bien que ne nécessitant pas de soliste, elle présente un aspect concertant. Elle se divise en deux volets :

1) Dans le premier, un chant de caractère incantatoire se développe presque de bout en bout, et se partage entre trois intervenants successifs : le 1er violon, le 1er alto et le 1er violoncelle.

2) Dans le second volet, les trois intervenants de la première partie s’associent en trio, annexant parfois un ou deux violons supplémentaires, de façon à former un quatuor ou un quintette en opposition avec le reste de l'ensemble.

La séquence commence par la présentation d'un amalgame harmonique de registre medium-grave, très ramassé sur lui-même, au trépignement rythmique caractéristique qui se retrouvera lors de toutes ses déformations successives.
Après une étape intermédiaire dans son déploiement vertical, cet élément se trouve mis en contraste avec un agrégat de même composition harmonique, en disposition large, recouvrant cette fois un ambitus maximum.
La pièce va exploiter la tension créée par ces deux pôles extrêmes: l'accord resserré, l'accord totalement élargi : on notera la croissance du volume sonore, de la volubilité et du lyrisme du discours, en relation avec l'extension du registre.
La trajectoire mélodique au caractère lyrique et dramatique est toujours soutenue par des éléments de type harmonique.
De ce fait, tout au long de cette œuvre, les deux aspects mélodique et harmonique sont privilégiés.
Quant au titre, il n’y a pas lieu de lui attacher une trop grande importance.

Inédit : Propriété de l’auteur


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